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Cycles Lapierre, six mois pour se réinventer

Cycles Lapierre redressement judiciaire

Secoué mais debout : placé en redressement judiciaire, Lapierre entame six mois décisifs pour prouver sa viabilité, sécuriser son activité et attirer un investisseur capable de relancer durablement l’une des marques françaises les plus emblématiques du vélo. Situation, enjeux, chiffres : voici ce qu’il faut retenir.

Le Tribunal de commerce de Dijon a ouvert, le 25 août 2026, une procédure de redressement judiciaire pour les Cycles Lapierre. Une décision lourde de sens, mais qui offre à l’entreprise un cadre légal pour poursuivre son activité, stabiliser son exploitation et démontrer qu’un avenir autonome reste possible.

William Perrier Cycles Lapierre redressement

Un cadre pour agir, pas un arrêt de mort

Contrairement à une liquidation, le redressement judiciaire vise à maintenir l’activité et les emplois, tout en traitant le passif de manière collective. Pour Lapierre, l’enjeu est clair : prouver sa viabilité économique, sécuriser son autonomie industrielle et juridique, et convaincre un investisseur de s’engager dans un plan de continuation.

« La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre », résume William Perrier, directeur général. Une lucidité assumée : rien n’est gagné, mais tout reste possible.

Des fondamentaux encore solides

Malgré une conjoncture vélo en correction, Lapierre conserve des atouts majeurs :

  • un site industriel historique à Dijon,
  • une unité d’assemblage,
  • des compétences complètes : R&D, achats, supply chain, commerce, SAV,
  • un réseau de plus de 800 revendeurs, en France et à l’international,
  • une marque française née en 1946, reconnue dans le VTT, le gravel et le vélo urbain.

Côté chiffres, l’entreprise a réalisé 99,1 M€ de chiffre d’affaires en 2025. Surtout, elle a réduit sa perte d’exploitation de 46,3 M€ à 27,2 M€ en un an, soit 41 % d’amélioration. Le redressement n’est pas acquis, mais la dynamique existe.

Le marché français, lui, reste contrasté :

  • le gravel progresse de 18 %,
  • la réparation de 10,5 %,
  • les pièces et accessoires de 0,3 %,
  • la production française de 3,4 %. Autant de segments où Lapierre peut encore jouer un rôle.

Un plan déjà en marche

Durant la période d’observation, Lapierre devra avancer sur quatre fronts :

  1. Sécuriser l’exploitation immédiate : trésorerie, salaires, fournisseurs clés, stocks, SAV.
  2. Finaliser un plan d’affaires autonome, centré sur la rentabilité par produit, canal et client.
  3. Garantir l’autonomie juridique et opérationnelle : droits de marque, systèmes, logistique, contrats essentiels.
  4. Accélérer la recherche d’un investisseur capable d’apporter fonds propres et vision long terme.

Les deux premiers mois seront cruciaux. L’entreprise devra prouver qu’elle peut financer la poursuite de son activité.

Une mobilisation large autour de Lapierre

Collaborateurs, distributeurs, fournisseurs, banques, services de l’État et collectivités territoriales sont mobilisés. L’objectif n’est pas d’injecter de l’argent public, mais de faciliter les mises en relation et sécuriser un projet d’investissement crédible, pour préserver l’emploi et l’ancrage dijonnais.

Les salariés restent pleinement engagés. Leurs contrats ne sont pas rompus et leur savoir‑faire demeure. C’est sans aucun doute l’un des principaux arguments pour convaincre un investisseur.

Savoir faire Cycles Lapierre

Source : Lapierre Cycles