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Paris, capitale de la marche… et ville de vélo en devenir

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À pied, à vélo, en métro : comment se déplacent vraiment les Parisiens ? La dernière étude de l’Apur consacrée aux « Nouvelles mobilités métropolitaines » compare sept grandes métropoles mondiales et confirme une singularité bien française : Paris est avant tout une ville qui se parcourt à pied. Mais derrière cette domination de la marche, le vélo poursuit sa progression et redessine peu à peu les habitudes de déplacement.

Paris, reine incontestée de la marche

Dans l’imaginaire collectif, les villes modernes sont souvent associées à leurs réseaux de transports ou à leurs infrastructures routières. Paris se distingue pourtant par un autre mode de déplacement : la marche.

Selon l’étude de l’Apur, 56 % des déplacements réalisés dans Paris sont effectués entièrement à pied. Un score remarquable qui place la capitale loin devant Londres, Berlin, Amsterdam ou encore Tokyo. Dans une ville dense, où commerces, services, espaces publics et transports sont accessibles rapidement, marcher reste le moyen le plus naturel pour se déplacer.

Cette performance confirme un modèle urbain fondé sur la proximité. Pour de nombreux Parisiens, les trajets quotidiens ne dépassent que rarement quelques kilomètres, une distance parfaitement adaptée à la marche.

La voiture poursuit son recul

L’autre enseignement majeur de l’étude concerne la place désormais marginale de l’automobile dans la capitale.

Voitures et deux-roues motorisés ne représentent plus qu’environ 8 % des déplacements à Paris. Une évolution spectaculaire quand on observe les deux dernières décennies. Entre 2001 et 2019, l’usage des modes individuels motorisés a reculé de 13 points, tandis que la marche progressait de 9 points.

Cette transformation s’accompagne d’une baisse continue de l’équipement automobile. Aujourd’hui, 68 % des ménages parisiens ne possèdent pas de voiture, un niveau supérieur à celui observé dans les centres de Londres ou de Berlin.

Loin d’être anecdotique, cette évolution traduit un changement profond des modes de vie. Dans une ville où l’offre de mobilité est multiple et accessible, posséder une voiture n’est plus une nécessité pour une majorité d’habitants.

Le vélo gagne du terrain

Si Paris est d’abord une ville de marcheurs, elle devient progressivement une ville de cyclistes.

Certes, le vélo ne représente encore que 3 % des déplacements quotidiens. Le chiffre peut sembler modeste, surtout lorsqu’on le compare aux 34 % enregistrés à Amsterdam, référence mondiale en matière de culture cyclable.

Mais la dynamique est bien réelle. Le nombre de déplacements à vélo progresse régulièrement, porté par le développement massif des infrastructures cyclables. La capitale comptait 1 293 kilomètres d’aménagements cyclables en 2025, contre seulement 181 kilomètres au début des années 2000.

Cette montée en puissance est particulièrement visible sur les trajets domicile-travail. En 2022, 7 % des actifs du Grand Paris utilisaient habituellement le vélo pour aller travailler, contre 3 % cinq ans plus tôt. À Paris intra-muros, cette proportion atteint même 10,4 %.

Le vélotaf est ainsi passé du statut de pratique marginale à celui d’alternative crédible pour une part croissante de la population.

Des transports collectifs toujours incontournables

La marche et le vélo ne racontent cependant qu’une partie de l’histoire. Avec 31 % des déplacements, les transports collectifs occupent toujours une place centrale dans le quotidien des Parisiens. Métro, RER, tramways et bus permettent de compléter efficacement les trajets lorsque les distances deviennent trop importantes pour être parcourues à pied ou à vélo.

La force du modèle parisien réside justement dans cette complémentarité : la marche domine pour les courtes distances, tandis que les transports collectifs prennent le relais pour les déplacements plus longs. Le vélo s’insère progressivement entre ces deux univers, offrant une alternative souple et rapide pour les trajets intermédiaires.

VELO DE VILLE FOLDY
Les parisiens mixent de nombreux modes de circulation n’hésitant pas à voyager avec leur vélo dans les trains de banlieue

Un modèle de mobilité à part

L’étude de l’Apur met en lumière ce qui fait l’originalité de Paris face aux autres métropoles mondiales.

Amsterdam est la capitale du vélo. Tokyo repose sur un usage massif du train. Londres se distingue par son réseau de transport. Paris, elle, combine plusieurs approches : une ville où l’on marche beaucoup, où les transports collectifs restent extrêmement performants et où le vélo gagne progressivement sa place.

Pour les cyclistes urbains, ce constat est encourageant. La pratique continue de croître, portée par des infrastructures toujours plus nombreuses et par une évolution culturelle profonde. Sans rivaliser encore avec Amsterdam, Paris poursuit sa transition vers une mobilité plus active, plus apaisée et plus durable.

Et si la capitale mondiale de la marche devenait demain l’une des grandes capitales européennes du vélo ? Les chiffres des prochaines années permettront de mesurer l’ampleur de cette transformation déjà bien engagée.

Source : Apur, étude « Nouvelles mobilités métropolitaines », septembre 2026.