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De Quimper à la pointe du Raz, balade à vélo dans le Finistère

Balade à vélo dans le Finistère

Cet été, à vélo, nous avons mis le cap sur le Finistère, au cœur de la Cornouaille. De Quimper à Concarneau, en passant par Loctudy, Douarnenez et la pointe du Raz, ce périple à vélo alterne villes historiques, voies vertes, petits ports, baignades et paysages du bout du monde.

Pour cette découverte cyclable dans l’ouest de la France, nous partons en train depuis Paris mais sans vélo. Fin juillet, en pleine période de grands départs, nous avons préféré louer sur place pour voyager plus sereinement. L’agence d’attractivité « Tout commence en Finistère » nous a mis en contact avec Vélo Nova, un magasin basé à Douarnenez qui propose un service de location de vélo. Et le top c’est qu’il vous l’apporte à votre point de départ. Nos deux vélos électriques, des Cube Touring, nous attendent donc à la gare de Quimper. C’est là aussi que nous les rendrons dans sept jours à la fin de notre périple.

Découverte de la ville de Quimper, capitale de la Cornouaille

Pour cette première journée, nous partons à la découverte du centre médiévale de la capitale historique de la Cornouaille, de ses maisons à colombage et bien sûr de la majestueuse cathédrale Saint-Corentin. La ville propose de nombreuses pistes cyclables et arceaux de stationnement, c’est très agréable, surtout lorsqu’on longe l’Odet. On prend également le temps de visiter le musée départemental breton qui occupe l’ancien palais des évêques de Cornouaille. La partie sur les costumes traditionnels est très intéressante. Jamais on n’aurait imaginé qu’il existait 66 modes vestimentaires en Bretagne !

Un étage est également consacré à l’histoire de la crêpe bretonne, une exposition temporaire. Dommage, les ateliers pratiques sont fermés mais cela nous a donné faim. Aussi, à peine sortis, nous filons chez Larnicol, le spécialiste de la Kouignette. Vous ne connaissez pas cette spécialité Quimpéroise ? C’est comme des Kouign-amann à base de pâte à pain feuilletée au pur beurre de baratte. Mais elles sont plus petites et peuvent être sucrées ou salées.

Après cette première journée, il est temps de rejoindre notre logement pour la nuit avant de commencer notre périple cyclable en Pays de Cornouaille.

Saint-Jacques de Lambour, Finistère
Nous croisons l »église Saint-Jacques de Lambour (XIII-XIVeà, juste avant d’entrer dans Pont-l’Abbé

Direction Loctudy, ou pas…

Pour ce périple, nous sommes six. Trois d’entre nous ont opté pour le vélo musculaire, un sacré défi dans cette région qui présente bien plus de dénivelé qu’on ne l’imagine. Heureusement, pour les premiers jours, nous n’avons pas de sacoches à transporter, car nous logeons encore à Quimper.

L’objectif de cette première boucle est de rejoindre Loctudy en passant par Pont-l’Abbé, puis de prendre une navette fluviale pour traverser l’Odet jusqu’à l’Île-Tudy avant de revenir à Quimper. Mais un périple à vélo réserve toujours des surprises. Après 35 kilomètres, à 1,5 kilomètre de Pont-l’Abbé, un bruit suspect se fait entendre sur le vélo de Georges. L’axe de sa roue arrière vient de casser net. Nous sommes dimanche : aucune chance de trouver un réparateur de vélo ouvert.

Nous attachons sa bicyclette, puis nous rejoignons Pont-l’Abbé. Installés dans un bar-restaurant pour déjeuner, nous réfléchissons à la suite. Finalement, nous décidons de repartir à quatre vers Quimper pour récupérer les voitures, puis de revenir chercher Georges, Étienne et le vélo cassé.

Nous repartons donc en suivant une belle voie verte aménagée sur l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Quimper à Pont-l’Abbé. Elle est ombragée, ce qui tombe parfaitement bien : le soleil tape fort et il fait 27 degrés à l’ombre. De retour à Quimper, nous rangeons les vélos avant de repartir chercher nos deux compagnons. Une fois tout le monde récupéré, nous poursuivons jusqu’à Loctudy pour un bain de mer bien mérité. Il fait chaud, l’eau est bonne, mais cette première journée garde tout de même un petit goût d’inachevé. Demain, il faudra trouver une solution pour réparer le vélo avant de repartir sur une nouvelle boucle.

Plan de bataille pour un vélo d’attaque

Le lendemain à 9h30 tapante, Georges est à l’ouverture du magasin Décathlon de Quimper. Il espérait pouvoir changer uniquement l’axe mais on ne vend pas cela dans l’enseigne nordiste. C’est donc la roue entière qui est changée, cassette en prime car les vis sont complètement grippées. Coût de l’opération, 97 €. C’est toujours moins cher que de louer un vélo pour les 5 jours de roulage restants.

Une fois tout le monde fin prêt, nous montons sur les vélos en direction de la plage de Pors Carn, au sud-ouest de Quimper. À la sortie de la ville, les itinéraires cyclables ne sont pas toujours très bien indiqués, ce qui complique un peu la progression. Comme notre parcours a été conçu avec Komoot, nous nous retrouvons souvent sur des routes assez passantes. Lorsque nous essayons de les éviter, cela occasionne de sacrés détours. L’idéal serait sans doute de préparer les étapes en croisant Komoot et Géovélo, cette dernière application privilégiant davantage les petites routes et les voies vertes. Mais cela prend du temps.

Une fois tout le monde fin prêt, nous montons sur les vélos en direction de la plage de Pors Carn, au sud-ouest de Quimper. À la sortie de la ville, les itinéraires cyclables ne sont pas toujours très bien indiqués, ce qui complique un peu la progression. Comme notre parcours a été conçu avec Komoot, nous nous retrouvons souvent sur des routes assez passantes. Lorsque nous essayons de les éviter, cela occasionne de sacrés détours. L’idéal serait sans doute de préparer les étapes en croisant Komoot et Géovélo, cette dernière application privilégiant davantage les petites routes et les voies vertes. Mais cela prend du temps.

Finalement on se retrouve à Pont l’Abbé. Petite haltepour acheter des sandwiches que l’on mange à l’ombre dans le jardin Léon Le Moal. Puis on repart en direction de la plage avec une envie de bain grandissante.

Sur l’itinéraire, on croise de très nombreuses chapelles, dont celle de la Madeleine à Penmarch. Si vous y entrez, admirez les vitraux de Jean Bazaine. Notre itinéraire alterne entre routes et chemins en sous-bois. Dans l’ensemble les automobilistes sont assez patients. Lorsqu’ils ne peuvent pas doubler, ils attendent, merci à eux.

Ça y est nous arrivons sur la plage. Le temps de nous changer et nous voilà dans l’eau. Cela fait du bien de se rafraîchir un peu. Cette phrase, je n’aurais jamais cru l’écrire. Mais cet été, il fait chaud partout et la Bretagne n’échappe pas au phénomène. Les pelouses sont jaunies, les plans de maïs tout petits et les fougères brulées par le soleil. C’est assez inquiétant ! Pour le retour, on suit l’application Géovélo, version touristique. Les routes empruntées sont plus petites mais parfois assez empruntées. Nous sommes vraiment dans la campagne. Aux alentours de Pont l’Abbé, l’application nous envoie sur une petite portion VTT (ce ne sera pas la dernière fois) avant de rejoindre la voie verte sur l’ancienne voie de chemin de fer. Nous voilà de retour après 70 km de découverte.

 Découverte de Concarneau

Aujourd’hui, le ciel est gris et il a plu cette nuit. Notre programme du jour : la visite de Concarneau au sud-est de Quimper. Comme toujours, la sortie de l’agglomération quimpéroise est un peu chaotique. Il y a tellement de ronds-points ! Là encore, l’itinéraire alterne entre voies cyclables, pistes cyclables séparées et routes partagées avec la voiture. Nous passons par Forêt-Fouesnant avant de rejoindre la ville du même nom qui révèle un joli petit port de plaisance. L’itinéraire devient plus cassant avec de belles petites côtes suivies de bonnes petites descentes.

Nous voilà enfin arrivés à Concarneau. Pour découvrir la ville close, nous avons opté pour la visite guidée. Cela dure environ 1h 30 mais cela vaut le coup pour comprendre cette ville médiévale fortifiée. Mais attention de ne pas arriver trop tard. Il peut en effet y avoir beaucoup de monde à l’intérieur. Et si vous désirez déjeuner sur place, mieux vaut ne pas arriver à l’heure de pointe.

Nous reprenons les vélos pour nous rendre à Bénodet. La sortie est éprouvante car la route est passante et ça grimpe. Arrivés à Forêt-Fouesnant, l’itinéraire bifurque vers Fouesnant. Nous connaissons déjà un peu puisque nous sommes venus nous baigner sur la plage de Cap Coz lors de la première journée. Mais là, il n’est plus question de baignade. Le temps d’une halte dans l’église de Saint-Pierre et Saint-Paul et nous poursuivons notre route jusqu’à Bénodet, situé à l’embouchure de l’Odet. Là, direction la plage du Trez (oui, nous aimons les bains de mer). Puis, une fois séchés, nous nous baladons un peu sur le front de mer admirant les belles villas balnéaires de la fin du XIXe siècle, le phare du coq et la villa Ker Magdalen Le Minaret construite en 1926 par le docteur Boyer. Cette dernière est unique en son genre et on comprend également pourquoi Bénodet appartient à la « Riviera bretonne. »

Mais il est temps de retourner à Quimper. Il nous reste près de 20 kilomètres à parcourir. Nous traversons de nombreux lieux-dits et empruntons de longues portions de voies vertes. C’est agréable, avec parfois de beaux points de vue sur l’Odet. La journée a été longue, mais elle résume bien ce que la Cornouaille offre aux cyclistes : des efforts, des détours, des haltes patrimoniales et, toujours, la mer en ligne de mire.

Direction le pays de Douarnenez

Aujourd’hui, nous quittons Quimper à destination de Douarnenez. Nous sortons de la ville par le nord-ouest en suivant, dans un premier temps, la route de Locronan, qui longe le Steïr. Après Bolhoat, nous rejoignons la voie verte aménagée sur l’ancienne voie de chemin de fer Douarnenez-Guengat. Le trajet avance en douceur sur un chemin mêlant pierre et terre. L’itinéraire est bien ombragé, ce qui est appréciable car, même si le soleil est encore voilé en ce début de matinée, il fait déjà chaud. Avant d’entrer dans la commune du Juch, nous bifurquons à droite en direction de Plogonnec. Nous traversons les champs avant de rejoindre tranquillement Locronan.

C’est probablement l’un des plus beaux villages du Finistère Sud. D’ailleurs, nous ne sommes pas seul dans le village classé parmi les « plus beaux de France » et « les petites cités de caractère ». Sur la grand place, on admire les belles maisons en pierres de granit avec des lucarnes sculptées. La majestueuse église Saint-Ronan, du nom du fondateur du village, vaut également le détour. Bien sûr, impossible de quitter la ville sans passer dans une des nombreuses boulangeries proposant d’incroyables Kouign-Amann bien croutillants.

Après avoir avalé autant de calories, nous sommes contents de remonter sur le vélo pour éliminer tout cela. On repart par l’ouest du village par la route du Bois de Névet. Puis, on rejoint la sortie ouest de Le Juch où on récupère l’ancienne voie ferrée Douarnenez-Guengat. Celle-ci nous accompagne jusqu’à l’entrée de Douarnenez. Il ne nous reste plus qu’à descendre vers la mer afin de trouver notre maison d’hôte. Notre choix s’est porté sur l’Hermine, à quelques minutes de la plage de dames où nous filons nous baigner. Après ce petit rafraichissement nous nous baladons sur le quai du Port du Rhu. Nous reviendrons ici pour le diner avant une bonne nuit de sommeil.

Direction le bout du bout

Ce matin, nous allons au bout du Finistère, à la découverte de la pointe du Raz. Cette dernière m’a toujours fait rêver. Surtout lorsqu’on découvre les images du phare battu par les tempêtes. Mais en ce mois d’août, point de tempête, juste un peu de vent et un ciel d’un bleu impressionnant. Comme souvent depuis notre départ, il faut remonter pour quitter la ville. Ensuite, l’itinéraire suit la côte avec une succession de petites côtes et descentes. Rien de bien difficile, mais cela coupe les jambes.

Sur la route, nous profitons de superbes points de vue sur la mer d’Iroise. Puis, nous arrivons à Beuzec Cap Sizun. Là nous partons sur la droite vers la Pointe du Millier. C’est tout simplement magnifique. Le mélange des couleurs, le découpage des falaises et la maison phare qui trône tout au bout nous fascine. Lorsque le vélo ne peut plus passer, on l’accroche et on y va à pied. C’est probablement l’étape cyclable sur laquelle nous avons le plus mêler vélo et marche à pied. A la fin de la journée, le compteur de mon vélo annonçait 71 kilomètres et j’enregistrais 15773 pas soit plus de 8 kilomètres.

Nous poursuivons notre itinéraire pour rejoindre la Réserve naturelle de Goulien. Il n’y a pas tant d’oiseaux que cela. La météo les pousse peut-être à rester caché. Tant pis ! On profite de cette pause pour manger nos sandwiches. La vue est tellement belle. Nous repartons, direction la Pointe du Van. Là encore, on trouve de la place sans problème pour accrocher nos vélos. On se dirige vers la chapelle Saint-They qui surplombe la mer, à quelques mètres seulement des falaises de la Pointe du Van. D’ici, on aperçoit l’ile de Sein et bien sûr la pointe du Raz.

Avant de rejoindre cette dernière, nous descendons vers la plage des trépassés. Cette dernière est encadrée par les pointes du Raz et du Van. Réputée pour le surf, aujourd’hui elle nous réserve une eau fraiche mais calme. C’est vivifiant juste avant la remontée vers la pointe du Raz, qui culmine à 70 mètres de hauteur. Nous posons nos vélos pour marcher jusqu’au bout de la pointe afin d’admirer au plus près le phare de l’îlot de la vieille et les découpes de l’île de Sein encore plus proche de nous. C’est beau, cela mérite pleinement les efforts fournis.

Il est temps de reprendre le vélo pour rallier Audierne. Nous rejoignons la chambre d’hôte Ti Marie Ly sur la commune de Plouhinec, face à Audierne. Si vous recherchez un hébergement de qualité, je vous le recommande. Et pour sortir diner, on est à 15 minutes à pied du centre d’Audierne.

Dernière étape, retour à Quimper

Voilà nous arrivons déjà au terme de notre périple. Nous sommes bien décidés à profiter pleinement de cette ultime étape qui va longer, jusqu’à La Torche, la côte. Néanmoins en repartant du gîte, un petit détour dans les terres nous emmène à la découverte de la chapelle Saint Tugdual du 16e siècle, sur la route de Pont-Croix. Puis l’itinéraire part en direction de la plage de Gwendrez ou nous prenons le premier bain de notre journée. Ensuite, direction le site archéologique du Menez Dregan sur la pointe du Souc’h, résurgence de l’occupation du site par les hommes du Mésolithique puis du néolithique.

La route que nous suivons est relativement préservée de la circulation. Cela permet d’admirer les paysages en roulant. C’est aussi l’occasion de discuter avec une famille voyageant à vélo. Ils sont partis du Mont-Saint Michel pour rejoindre Nantes en sept semaines. Il a la cariole pour le plus petit alors que fille d’une dizaine d’année, pédale avec ses parents. Nous rencontrons également une maman avec ses deux ados. Elles sont venues de Paris jusqu’ici à vélo en 9 jours. Là encore, respect. C’est vraiment la preuve que le vélo s’impose comme un moyen de déplacement à part entière.

Puis, la route s’éloigne un peu du rivage pour passer au-dessus de l’étang de Trunvel. Ce lac côtier naturel est un lieu de pêche et d’observation ornithologique. Après avoir contourner l’étang, nous rejoignons la plage pour le deuxième bain de la journée. Maintenant, cap sur Quimper en traversant Plonéour-Lanvern, Tréméoc via l’ancienne voie ferrée Quimper – Point l’Abbé que nous connaissons bien maintenant. A 15 kilomètres de l’arrivée, crevaison ! Il fallait bien que cela arrive. Mais rien de grave. Nous voilà enfin à Quimper. Ce soir, nous dormirons dans un logement situé sur les hauteurs à l’ouest de la capitale de Cornouaille. Demain, chacun repartira, en voiture ou en train avec plein d’images dans la tête et l’envie de revenir pour découvrir qui sait, la partie nord du Finistère.

Infos pratiques

Pour louer des vélos : Velo Nova, www.velonova.fr